Valentine Emiliani, prix Irène Joliot Curie
© Académie des sciences – Mathieu Baumer

Prix Irène Joliot-Curie : Valentina Emiliani, alumna italo-française, élue Femme scientifique de l’année

Des chercheuses aux parcours remarquables. C’est l’objectif des Prix Irène Joliot-Curie que de distinguer cinq femmes scientifiques dont l’excellence est « un modèle et une source d’inspiration pour les générations futures ». Parmi ces figures emblématiques, toutes ont cette année une carrière internationale : Valentina Emiliani, Prix de la Femme scientifique de l’année, qui est même une alumna italo-française, mais aussi les quatre autres lauréates qui affichent un parcours européen et international à plus d’un titre.

Depuis 2001, le prix Irène Joliot-Curie a récompensé 70 femmes scientifiques qui se sont distinguées par la qualité de leurs recherches de pointe dans l’univers des sciences et de la technologie en France. Décerné par le ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, ainsi que par l’Académie des sciences et l’Académie des technologies (qui assurent le jury du concours), les cinq catégories qui constituent le Prix promeuvent toutes l’importance de la place des femmes dans la recherche en France.

 

Une alumna italo-française Prix de le femme scientifique de l’année

La 24e édition du prix Irène Joliot-Curie, qui entend concrètement « lutter contre les stéréotypes de genre et l’autocensure », met en avant cette année une chercheuse au parcours particulièrement européen. Valentina Emiliani, qui obtient le grand Prix de le femme scientifique de l’année, est en effet une chercheuse d’origine italienne qui n’a pas craint de sillonner l’Europe pendant ses années de formation pour finalement choisir la France.

Valentina Emiliani suit d’abord des études scientifiques à Rome, à l'Université La Sapienza, où elle soutient sa thèse de doctorat de physique. Elle effectue ensuite des études post-doctorales en Allemagne, au Max Born Institute à Berlin, où elle étudie « les propriétés optiques des structures quantiques », puis en France à l'institut Jacques-Monod entre 2002 et 2004. C’est en France qu’elle décide alors de travailler, au CNRS où elle est recrutée dès 2004.

Aujourd’hui directrice de recherche à l’Institut de la vision (CNRS/Inserm/Sorbonne Université), Valentina Emiliani dirige le département de photonique ainsi que le groupe Wave Front Engineering Microscopy, qui se consacre au « contrôle optique des circuits neuronaux », un domaine de pointe dans la recherche en neurosciences et en optique. Comme l’indique ainsi le CNRS, ses travaux ont ouvert la voie à « une manipulation entièrement optique des circuits cérébraux » afin de mieux explorer le fonctionnement du cerveau.

 

Des Femmes scientifiques de l’année aux parcours internationaux

Tout aussi internationales sont les trois autres chercheuses qui se partagent le Prix de la femme scientifique de l’année. Maïmouna Bocoum d’abord qui est chercheuse CNRS à l’Institut Langevin à Paris. Après un doctorat en physique et des études d’ingénieurs en France, elle obtient en 2024 une bourse Marie Skłodowska-Curie pour mener des recherches à Copenhague (Danemark), sur les capteurs quantiques. Dans ce cadre, elle développe des techniques innovantes « d’imagerie acousto-optique, destinées à des applications biomédicales in vivo, en combinant les domaines de l’optique et des ultrasons ». 

De même, Kristel Chanard, chercheuse à l’Institut national de l’information géographique et forestière, mène des recherches à « la croisée de la géodésie, de la géophysique et de l’hydrologie ». Après un doctorat en géophysique à l’ENS et un post-doctorat à l’Université de Lausanne (Suisse), elle a été recrutée en 2017 en tant que chargée de recherche de l’Institut national de l’information géographique et forestière et elle effectue depuis ses recherches à l’Institut de Physique du Globe de Paris.

Eva Maire, troisième lauréate, chercheuse à l’Institut de recherche pour le développement depuis 2024 au laboratoire Biodiversité marine, spécialisée dans l’étude des socio-écosystèmes tropicaux, est aussi plongeuse professionnelle, avec plus de 1000 plongées scientifiques réalisées à travers le monde. Depuis 2014, elle a également mené plusieurs missions de recherche en Méditerranée, dans l’Atlantique, l’Océan Indien et le Pacifique.

 

Le Prix Femme, recherche et entreprise à une spécialiste internationale des matériaux 

Autre catégorie de Prix, celui qui distingue la « Femme, recherche et entreprise ». Il est allé cette année à Astrid Perlade, experte reconnue en métallurgie, qui occupe actuellement les fonctions de responsable scientifique et de coordinatrice technique d’un département regroupant une centaine de chercheurs chez ArcelorMittal Global R&D.

Après un diplôme d’ingénieur à l’École des Mines de Paris et une thèse en métallurgie, Astrid rejoint le campus de R&D d’ArcelorMittal pour travailler sur des « projets dédiés à la métallurgie assistée par ordinateur afin de modéliser les liens physiques entre microstructures et propriétés mécaniques ». A partir de 2011, elle est responsable d’une équipe internationale de recherche Metallurgy, Megatrends and Hot-rolled products, composée d’une trentaine de chercheurs « avec laquelle elle va développer des aciers toujours plus innovants, notamment pour le marché de l’automobile ». En parallèle, Astrid Perlade a écrit ou co-écrit plus de 50 articles scientifiques dans des revues internationales et compte à son actif une trentaine de dépôt de brevets.

 

Un engagement commun pour l’égalité et la visibilité des chercheuses

Comme le souligne le ministère en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, toutes ces femmes scientifiques ont un point commun. A l’instar de Valentina Emiliani, qui est particulièrement impliquée dans l’égalité des genres en science, ces chercheuses militent pour une meilleure représentation des femmes dans la recherche

Chacune à leur niveau, elles promeuvent l’équilibre entre les genres lors des recrutements, mais aussi dans des actions telles que l’accompagnement à travers le mentorat, la médiation scientifique, des formations sur l’inclusion, des encadrements en milieu scolaire, des actions de sensibilisation ou encore des actions de vulgarisation scientifique, tant en France qu’à l’étranger, comme c’est le cas pour Eva Maire qui a formé et encadré des étudiantes au Kenya. De même, Maïmouna Bocoum sera pour sa part le personnage principal d’un documentaire qui mettra en lumière son parcours de femme scientifique et contribuera « à renforcer la visibilité des jeunes chercheuses »

A ce propos, le Prix spécial de l’engagement qui récompense une femme scientifique particulièrement investie dans la sensibilisation et l’orientation des jeunes filles et des jeunes en général vers les sciences sera remis et annoncé par le ministère début 2026.

 

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Publié le : 08/12/2025 à 18:01
Mis à jour le : 08/12/2025 à 18:17
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