ERC Synergy 2025 : la France partenaire d’un tiers des projets retenus
Dans le cadre du programme Horizon Europe pour la recherche et l’innovation, le Conseil européen de la recherche vient d’annoncer les 66 lauréats de l’ERC Synergy 2025, un programme de bourses pour des projets de recherche de pointe portés par des scientifiques, issus de pays membres de l’Union Européenne ou de pays associés. La France est partenaire de 21 de ces projets, soit près d’un tiers des projets présentés, dont 13 impliquent des chercheurs du CNRS.
« Comment résoudre les énigmes scientifiques les plus complexes ? En unissant nos forces ». Cette question-réponse, c’est celle que pose le Conseil européen de la recherche (ERC) au moment d’annoncer quelles sont les 66 équipes de recherche, réunissant 239 scientifiques, qui ont été retenues. A la clef, un total de 684 millions d’euros de « subventions synergiques » du Conseil européen, destinées à « s’attaquer à certaines des questions scientifiques les plus ardues dans un large éventail de domaines ». Le Conseil européen de la recherche, créé par l'Union européenne en 2007, est le principal organisme de financement européen pour la recherche de pointe.
Plus de 700 propositions issues de 26 pays
Les subventions ERC Synergy encouragent ainsi une collaboration de haut niveau entre chercheurs, européens et issus d’autres pays (États-Unis, mais aussi Canada, Australie, Brésil, Ghana, Afrique du Sud et Singapour), leur permettant de conjuguer leurs expertises, leurs connaissances et leurs ressources « pour repousser les frontières de la découverte scientifique ». Ce financement s'inscrit dans le cadre du programme de recherche et d'innovation Horizon Europe de l'Union européenne.
Au total, ce sont pas moins de 712 propositions qui ont été soumises cette année au jury européen dans le cadre de cet appel à projets. Comme le fait remarquer le Conseil, seule une proposition sur dix environ a été retenue pour un financement, les projets acceptés recevant en moyenne 10,3 millions d'euros chacun. Ces projets seront menés dans des universités et des centres de recherche de 26 pays d'Europe et d'ailleurs. Vingt-huit projets impliqueront des chercheurs basés en Allemagne, 24 au Royaume-Uni et 21 en France et aux États-Unis.
D’une durée de six ans, ces projets sont financés par des bourses, conçues pour des groupes collaboratifs formés de deux à quatre scientifiques, issus de pays membres de l’UE (ou d’autres pays associés), leur permettant de « s’attaquer à certains des problèmes de recherche les plus redoutables du monde, qui couvrent plusieurs disciplines scientifiques ».
Tous les domaines de la recherche
Pour la France, 21 projets financés ont été retenus et 13 de ces projets impliquent des chercheurs du CNRS ou relevant d’unités mixtes (autres centres nationaux de recherche et/ou universités).
Ces projets, qui couvrent différents domaines de la recherche (IA, informatique, énergie, médecine et santé, communications, développement durable, espace…) relient des chercheurs issus de centres de recherche et d’universités partenaires, français, européens et d’autres nationalités.
C’est le cas de :
- GEMPROMISE, IA générative pour accélérer la découverte de nouveaux matériaux ;
- Planetary Eel, un projet qui explore des approches novatrices de la relation entre l’homme… et l’anguille (l’anguille, espèce parmi les plus menacées, peut en effet aider l’homme dans les nombreux défis qui menacent son habitabilité) ;
- UniCIPS, projet qui a pour but de découvrir une loi universelle décrivant « le comportement des systèmes de particules en interaction hors d’équilibre » ;
- UltiMatePV a pour objectif de « repenser la cellule solaire moderne » et de développer une nouvelle génération de technologies photovoltaïques plus économes en ressources ;
- WePhICom, pour « repenser les communications sans fil » et rendre la transmission de données plus économe en énergie ;
- CenAGE, un projet à visée médicale pour étudier les facteurs du vieillissement dans les maladies chroniques ;
- HARVEST qui étudie comment le fer émis par les volcans sous-marins stimule la croissance du phytoplancton ;
- snoOPERA définit « les fonctions cachées des snoRNP dans l'assemblage des ribosomes », autrement dit un projet pour mieux comprendre la croissance de tous les êtres vivants ;
- HERON, un projet qui réunit plusieurs des pionniers de la radiodétection cosmique pour détecter « les neutrinos cosmiques d’ultra-haute énergie » ;
- 3Stops2Go qui travaille sur les maladies génétiques humaines, pour comprendre les mécanismes en jeu et développer des alternatives thérapeutiques ;
- PathCorg, projet également à portée médicale, spécialisé dans le « développement cortical et les troubles de la migration neuronale » ;
- VePaSS, projet de science informatique, centré sur la vérification des « systèmes de sécurité probabilistes » ;
- CoEvolve qui s’interroge sur la naissance de la vie sur la planète et particulièrement, sur « l’interaction entre biosphère et géosphère » ;
Sciences de la nature et sciences humaines
D’autres projets sélectionnés et financés par l’Union européenne concernent d’autres centres de recherches et universités hors CNRS, couvant des domaines tels que la médecine-santé, l’espace, le climat mais aussi les sciences humaines. C’est le cas par exemple de :
- CLIMPEAT, projet qui étudie l’impact du changement climatique sur les tourbières, porté notamment par le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) et l’Ecole polytechnique ;
- Cosmomag, qui sonde les premières microsecondes de l'Univers à l'aide de champs magnétiques cosmologiques, concernant l’Université Paris Cité ;
- ECCE, qui étend ses recherches sur les causes du cancer colorectal, avec la participation du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC, basé en France) ;
- FireSpace, dont l’ambition est de contribuer à la sécurité-incendie des habitacles spatiaux, projet porté par Sorbonne Université et l’Académie Spatiale d’Ile de France ;
- MINerVA, projet bâti pour « dévoiler le rôle de l'interface neuro-vasculaire des nerfs périphériques dans l'homéostasie, la maladie et la réparation », impliquant notamment l’Inserm ;
- MULTIPROBE, pour améliorer le diagnostic et le traitement dans les tumeurs gastro-intestinales, associant un chercheur de l’Université de Limoges ;
- NP-QED, projet de recherche fondamentale pour tester « les prédictions les plus fondamentales de l’électrodynamique quantique », associant le CEA ;
- TASTADE, projet original concernant les sciences humaines et plus particulièrement l’histoire, avec des recherches portant sur la traite transatlantique des esclaves et le développement de l'Europe, impliquant l’Université Côte d’Azur.
Une collaboration mondiale
Constatant la diversité des sujets et de la composition des équipes qui s’apprêtent à travailler sur tous ces thèmes, la Commissaire européenne aux startups, à la recherche et à l'innovation en conclut ainsi que « la recherche de pointe en Europe n'a jamais été aussi internationale ».
Cette collaboration mondiale, poursuit-elle, « renforce la science européenne, donne à nos chercheurs accès à une expertise et à des infrastructures de niveau mondial et rapproche les plus grands scientifiques du monde entier de l'Europe ».
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